Vers la fin du miracle aixois?

Publié le par po.salles

   

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Depuis quelques jours, une étude conjointe menée par l'Insee à partir des données du recensement 2006 et l'Agence d'Urbanisme du Pays d'Aix (AUPA), fait parler d'elle dans le microcosme aixois. En effet, cela fait des années que le pays d'Aix couple attractivité économique et attractivité résidentielle. Pourtant, de nombreuses voix expertes ou politiques se sont élevées pour attirer l'attention des décideurs sur les problèmes induits par cette attractivité (1). Ce qui est mis en cause, c'est particulièrement l'absence de régulation, de volontarisme politique, provenant de la CPA ou de la mairie d'Aix pour accompagner ce processus et en limiter ses nuisances (grignotage des espaces naturels; flambée du prix du foncier, des logements; engorgement des axes de transports et embouteillages en progression; pollutions atmosphérique et sonore...). Cette politique a minima, favorable au libre jeu du marché et donc aux intérêts des plus hauts revenus (qui n'ont pas de problèmes à accéder à la propriété), a, par exemple, été mise en évidence par la décision du Tribunal Administratif d'annuler le Plan de Déplacement Urbain de la CPA pour manque d'ambition ,suite au recours formulé par l'association Ecase (http://www.ga-ge.fr/article.php3?id_article=384). Or les contradictions et tensions territoriales s'accentuent progressivement sous l'impact de ce laisser faire urbanistique. Et la note de l'Insee-AUPA souligne que d'ors et déjà la dégradation de la qualité de la vie à Aix provoque le départ de nombreux ménages vers les périphéries. La prégnance du modèle périurbain dans le développement résidentiel du pays d'Aix semble atteindre un point limite pour certaines catégories sociales, notamment les jeunes diplômés ou jeunes actifs qui ne trouvent pas sur le territoire de la CPA des opportunités d'emploi ou surtout de logement. La CPA a donc perdu des habitants (3500 en 5 ans). Certes ce territoire reste très attractif nous disent l'Insee et l'AUPA, mais le déficit migratoire est aujourd'hui supérieur à ces arrivées. De plus, si les étudiants ne se succédaient pas en nombre dans la ville centre, notre commune présenterait un déficit résidentiel assez fort dans les classes d'âge les plus jeunes. Ce modèle n'est bien entendu pas viable. L'image de notre ville et son fort développement économique attirent, mais au bout de plusieurs années les nuisances de toute sorte encouragent l'exil en dehors des frontières de la CPA, dans des zones plus abordables. 

La CPA devient donc un territoire d'exclusion et met en péril les bases mêmes de son attractivité. Le débat à venir sur le PLU de la ville d'Aix sera ainsi particulièrement important pour commencer à inverser la tendance, même si on ne peut être que pessimiste pour la suite au regard du bilan actuellement affiché par l'équipe Joissains.

 

La note est disponible ici:

 

http://www.insee.fr/fr/insee_regions/provence/themes/sud_essentiel/sie144/sie144.pdf

 

(1) Voir par exemple DOUAY Nicolas, 2008, "Quand l’attractivité devient un problème : le cas du Pays d’Aix"  in : D. Pinson (dir.), Métropoles en France et au Canada, Dynamiques, politiques et cultures, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 103-116.

 

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Tension du marché du logement en France en 2009. On voit bien que l'aire métropolitaine aixo-marseillaise constitue un point chaud de tension au niveau du foncier.

Source: ADCF, http://www.adcf.org/files/MAG-INTERCO/interco-143-bd.pdf, p. 4.

Publié dans Un peu de science

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