Convention nationale du PS sur le "nouveau modèle"

Publié le par po.salles

 

Le PS travaille... et c'est une bonne nouvelle. Après une longue période d'oubli, l'organisation de conventions thématiques a été remise au goût du jour par la direction nationale. La première, qui se déroule en ce moment, invite les militants à réfléchir et débattre autour d'un texte relatif au nouveau modèle économique, social et écologiste que le parti propose à la société (le texte ici). La section d'Aix, comme la Fédération 13, ont entamé le processus d'amendement et de discussion, avant le vote de ratification le 20 mai.

 

Quelques remarques personnelles sur le texte: j'avoue éprouver un léger septicisme sur l'impact et l'usage externe de ce type de document. La démarche est très positive, le débat se fait sur le fond, les arguments sont de qualité à l'image de l'intervention du Pr André Cartapanis mercredi soir à l'initiative de la Fédération. Ce n'est pas cela qui est en cause, mais plutôt le format du texte, un document très "catalogue", qui liste un certain nombre de (bonnes) propositions et diagnostics, mais sans les hiérarchiser, et de manière assez abstraite. J'ai ainsi pu entendre nombre d'exégèses enthousiastes du texte, à partir de points de vue assez différents. Certains se sont ainsi réjouis d'une radicalité retrouvée, pendant que d'autres y voyaient plutôt la consécration de l'abandon de "vieilles lunes" archaïques. Bref ce texte, sans véritablement trancher les points sensibles qui agitent le parti, reçoit un accueil très consensuel. Alors peut être, à deux ans de la présidentielle, et après avoir connu nombre de vicissitudes internes, le parti a t-il besoin d'une forte dynamique d'unité? Certains le pensent, et ce document s'inscrirait ainsi dans cette démarche de rassemblement. Personnellement je le regrette un peu, au vu du contexte actuel de crise qui nécessite plutôt des réponses précises.

 

Il me semble qu'aujourd'hui, si l'on doit parler d'économie aux français, on ne peut leur adresser un catalogue exhaustif et vague, mais plutôt hiérarchiser des priorités. Et la première c'est bien le problème des déficits et de la dette. Avec des déficits de l'ordre de 10% du PIB pour les pays européens, aucun gouvernement ne disposera de marge de manoeuvre pour prendre quelque mesure d'envergure que ce soit. Or les pistes alternatives aux cures d'austérité, pour rétablir les comptes courants, existent: réforme fiscale nationale, réforme de la fiscalité locale, retour sur les politiques d'allègement de charge aux entreprises ou de baisse de la restauration qui n'ont que très peu d'impact sur l'emploi, rationnalisation de l'action publique, fédéralisme budgétaire européen, mutualisation de la solidarité entre Etats Membres... Mais ces questions ne sont que très vaguement abordées dans le texte. C'est insuffisant, car je n'ai  pour ma part aucune envie que l'on refasse un 1983 bis après avoir fait campagne aux présidentielles sur un programme de transformation sociale. La population ne nous le repardonnerai pas

Publié dans Politique nationale

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Benjamin 14/05/2010 06:39


La transformation sociale n'exclut pas de prendre en considération le déficit! Au contraire: une réforme de la fiscalité est même nécessaires des deux points de vue.